Société

(société) Harcèlement médiatique de la femme: on arrête quand?

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Vous allez très bientôt pouvoir lire sur toutes les couvertures de magazines féminins « Comment perdre vos kilos de l’été » en gros titres, sans transition avec les précédents « Comment rentrer dans votre bikini cet été » du printemps.
Si si, vous allez voir.
En gros, et c’est le cas de le dire, cela signifie « Tas de gras tu fus, tu es et tu resteras ».

Le mot maître de cette stratégie de masse compilant chaînes de salles de sport, presse féminine, marques de produits « light », industrie de la mode et psy fraîchement diplômés ? La CULPABILITÉ.

De manière presque systématiquement exclusive, ce fardeau est délicatement déposé sur les épaules de la gent féminine. On imagine mal en couverture de la presse dite « masculine » (pour peu qu’elle existe réellement) soit les magazines de voitures, de bricolage ou autre : « Un peu de bidou accumulé à cause des barbeucs entre potes ? Nos 5 techniques d’abdos imparables ! ». Non non, ça ferait tâche (de gras) quand même.

Ainsi en 2015, soit plus d’un siècle après avoir obtenu le droit de vote en France, la femme doit aujourd’hui se battre pour avoir le droit de ne pas rentrer dans un pantalon « super-skinny-slim ». À croire qu’Eve et son péché originel se traînent encore à notre cheville tel un boulet impardonnable et honteux, même pour les fringues.

Si l’on dénonce l’anorexie sur les podiums, on frôle les subtiles accusations de promouvoir l’obésité. Si l’on tente tant bien que mal d’assumer quelques rondeurs ressenties comme illégitimes, on sera pointées du doigt pour avoir isolé les « minces ».

Le harcèlement médiatique dont la femme fait l’objet a bel et bien touché en plein dans le mille : à l’heure actuelle, une jeune femme en taille 36 fait la chasse aux calories autant qu’une obèse morbide dans un camp d’amaigrissement aux États-Unis, se demande chaque fois qu’elle avale une fourchette de féculents combien de temps elle va devoir courir le lendemain pour ne pas en subir les conséquences, et achète déjà ses jeans en taille inférieure dans le but de se motiver à perdre du poids. Car quoiqu’il advienne, ce sera toujours trop. Jamais trop peu.

De récents articles qui ont fait le buzz sur le net évoquent des témoignages de femmes rejetées pour leurs rondeurs suite à un premier rendez-vous ; des techniques en tous genres pour avoir un pubis « bien-odorant », les tendances de clichés sur la pilosité assumée, les rondes en culotte, les vergetures en noir et blanc, les nouvelles lubies d’anorexiques comme le fameux « bridge » du bassin…
À quelle heure va-t-on arrêter de toiser, juger, inspecter à la loupe, sous-peser, pointer du doigt, et constamment critiquer le corps de la femme ?

Dans tous les rayons de super-marchés, on voit les femmes avec des produits retournés dans la main, pour vérifier la teneur en gras ou en sucre de ce dernier. Dans toutes les boutiques de prêt-à-porter, on assiste à des drames psychologiques de jeunes adolescentes en pleurs dans les cabines, entre les « Ah non mais ça je vais jamais rentrer dedans » et les « Pas ça, on voit trop mes bras », pendant que la plus grande taille chez Zara soit le 44, correspond en réalité à une taille 40 (diamètre vérifié).

Le pire, au sein de ce constat sociétal déprimant et injuste, c’est que celle qui est passée maître en matière de misogynie, est la femme elle-même. Les hommes, la religion et les créateurs de mode (qui au lieu de mettre la féminité à l’honneur, la piétine un peu plus à chaque point de couture) peuvent à présent poser leurs RTT : Madame a pris le relai pour se flageller toute seule.
Combien d’expériences et d’études ont été réalisées par Dove, The Beauty Patch, Always et les autres, pour retrouver des femmes accablées par l’image qu’elles ont d’elles-mêmes ?

À combien d’icônes des années 50 devrons-nous encore nous raccrocher pour espérer obtenir une minute de sérénité au beau milieu des ongles rongés, des larmes retenues, des reproches face au miroir, du sabotage psychologique quotidien, des couples brisés à cause de l’auto-destruction féminine ?

Pour l’instant, on vous laisse méditer là-dessus.

Rendez-vous dans un prochain article pour couper la tête d’Eve une bonne fois pour toutes.

– Lucile – 

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