Cinéma

(Cinéma) Julianne Moore, Still Alice: la consécration

Oui on sait, on est un chouïa à la bourre, parce que le Cinéma, c’est le Mercredi, mais on est presque sûres que vous nous pardonnerez cet écart…
Avec le film Still Alice de Wash Wastmoreland et Richard Glatzer, acclamé par la critique internationale et qu’elle porte sur ses solides épaules, Julianne Moore a enfin reçu l’oscar de la meilleure actrice.

Aujourd’hui âgée de cinquante-quatre ans, l’actrice l’a souvent dit: elle a tout fait tard. Elle a appris à nager à l’âge de vingt-six ans, a obtenu son permis de conduire l’année suivante, a joué dans sa première pièce de théâtre à quarante-cinq ans. Cette année, c’est l’Oscar, rien que ça. Si quelques navets à gros budget ont parsemé son chemin, elle n’en reste pas moins une des seules actrices à avoir été récompensée dans plusieurs des plus grands festivals de cinéma du monde (Venise, Berlin, Cannes). Dans Still Alice, elle interprète une professeur de linguistiques reconnue de l’université de Colombia, Alice Howland. Accompagnée d’Alec Baldwin dans le rôle de son mari, ils forment un couple menant une existence de bourgeois intellectuels sans histoires, jusqu’au jour où en allant faire son jogging, Alice est prise d’un malaise. Incapable de dire où elle se trouve, elle découvre rapidement qu’elle est atteinte précocement d’une forme rare de la maladie d’Alzheimer. Sans transition, elle commence à ranger le shampooing dans le frigo, à mélanger les dates et les heures, à éprouver des difficultés à épeler les mots, à ne plus retrouver les toilettes dans sa propre maison.

L’originalité du film réside majoritairement dans le point de vue qu’il adopte. Alzheimer est très souvent évoqué comme un handicap pour l’entourage des malades, l’inquiétude qu’ils suscitent autour d’eux, le poids de leur état sur les autres. Ici, Julianne Moore porte ce poids de bout en bout en s’envoyant des vidéos à elle-même pour le futur, s’exerce des dizaines de fois par jour aux mots croisés pour ne pas oublier qu’elle a étudié tout au long de sa carrière. La détresse, la panique, la peur de ne plus se souvenir du nom de sa rue, d’oublier les heures qui passent, c’est Alice seule qui les vit. Bien évidemment, les conséquences de la maladie font froid dans le dos, mais ce qui reste le plus touchant est la détermination ainsi que la combativité du personnage face à elle-même, son pire ennemi.

On retrouve aussi Kristin Stewart dans le rôle d’une de ses filles, dont la nonchalance insupportable ne fait que mettre en avant le talent de Julianne Moore. Finalement, l’oscar de l’actrice aurait pu être une récompense pour l’honneur, car son excellente prestation n’est pas due à la teneur de son rôle mais davantage à la grande et habituelle qualité de son travail. En déclarant que Marion Cotillard était plus légitime qu’elle pour recevoir l’oscar suite à son rôle dans Deux jours, une nuit des Frères Dardenne, Julianne Moore montre aussi qu’en plus d’être une des plus grandes actrices américaines contemporaines, elle est aussi très fair-play. Elle n’a pourtant rien volé, ni à Marion, ni à personne d’autre.

Drame de Wash Westmoreland et Richard Glatzer. Avec Julianne Moore, Alec Baldwin. Durée: 1h39.
Bande-annonce

– Lucile –
moore

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