Cinéma

(Cinéma) Interview de Manu Bonmariage, réalisateur de « Strip-Tease »

manu-bonmariage

Vous vous rappelez de la fameuse émission Strip Tease? Le réalisateur belge, Manu Bonmariage, revient avec un documentaire choc dont la sortie en salles est prévue pour le 4 mars, « Vivre sa mort ». Le film suit deux hommes d’univers différents à travers leur chemin vers une mort prochaine, dont l’euthanasie de l’un d’entre eux. Rencontre avec le cinéaste et sa caméra braquée sur la vie.

Quel était le message que vous vouliez faire passer au public en filmant la mort d’un homme ?

On a peur de voir cette scène, car on sait qu’elle va arriver à un moment ou à un autre. Elle inspire la crainte, tout en étant magnifique. D’une part, Manu voulait laisser une trace de ce périple à ses enfants (ndlr, ils sont au nombre de huit!) d’autre part, plus le temps avance, et plus je m’intéresse à la teneur de ce que peut vouloir dire se préparer à mourir. En Belgique, nous avons la chance d’avoir légaliser l’euthanasie, car je pense que c’est une bénédiction pour l’humanité ; je voulais surtout toucher les gens sur ce qu’est cette dernière aventure.

Vous avez dit que « Vivre sa mort » avait été le plus difficile de tous vos films.

Oui. Il faut savoir que je suis un émotif, actif, et primaire, dans la grille des caractères cela correspond aux personnes colériques. J’ai fait la guerre du Vietnam en tant que cinéaste, j’ai reçu une flèche dans l’oeil étant petit, j’ai eu un empoisonnement à l’arsenic, la vie m’a toujours un peu secoué (rires). Mais durant ce tournage, je rentrais souvent chez moi les larmes aux yeux. La caméra servait de canal entre l’histoire de ces deux hommes qui allaient mourir, et le poids émotionnel était sur mes seules épaules. Je n’avais pas d’équipe de tournage afin de garder une grande intimité avec les personnages ; j’en ai gardé une meurtrissure.

Quelles sont les différences avec Strip-Tease, qui a cette même approche de communion avec les gens ?

J’étais le père spirituel de cette émission, et étant un soixante-huitard, il n’y avait pas grand chose de choquant, mais je voulais filmer des choses qui bouleversent, qui font changer le regard des autres. Je ne voulais pas seulement être un provocateur, mais aussi être plus hardi dans la recherche des choses filmées. Ici, le bouleversement est dans la grande émotion permanente, dans le fait que ces deux hommes font face à quelque chose qui les dépasse complètement.

Votre histoire d’amour avec le cinéma ?

Elle a commencé lorsque je devais avoir quinze ans à peu près, dans le cinéma Le Versailles à Stavelot ; j’étais allé voir « Jour de fête » de Jacques Tati, sorti en 1949. Depuis j’y retourne de temps en temps…

Bande-annonce

– Lucile –

 

 

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