Société

(Société) Les français qui partent à l’étranger

les français à l'étranger

Partir. Un rêve qui pour certains se réalise. Tout quitter, boucler les valises et partir à l’aventure. C’est le challenge que chaque année, des milliers de français réalisent. La tendance est à l’expatriation, un phénomène qui ne cesse de croitre en France. Si la majorité des français s’expatrient dans les pays Européens, nombreux sont ceux qui s’aventurent en dehors de l’espace Schengen. Etudiants, salariés, célibataires ou en famille, il n’y a plus de profil « type » de l’expat’. Mais qu’est-ce qui pousse les français à quitter le pays ? Comment vivent-ils l’éloignement ? Quelle vision ont-ils de la France ? Le court bouillon a rencontré une poignée de ces grands voyageurs et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils donnent envie de prendre le premier vol et découvrir de nouvelles contrées…

Ce qui nous a sauté aux yeux lorsque nous avons interrogé Camille, Magali, Charly, Alexandre et Ségolène c’est le plaisir qu’ils ont eu à parler de leur expérience et de leur pays d’adoption. Preuve de leur bien être et de la richesse de l’expérience.

Les raisons de leur départ sont les mêmes ; sensation d’étouffement, besoin de découvrir de nouvelles choses et d’évoluer, tant sur le plan humain que professionnel. Magali, qui vit en Australie nous avoue même qu’elle ne se sentait plus à l’aise dans le système français et qu’il aurait été impossible pour elle de rester ici.

Alors partir oui, mais pas sans bagage. C’est ce que nous a confié Camille « J’avoue avoir pensé à quitter la France pendant mes études, mais la complexité des équivalences m’a convaincue d’attendre d’avoir un diplôme ». Une façon sans doute de partir l’esprit tranquille et d’être sûr que le meilleur reste à venir.

Débarrassés des contraintes étudiantes, nous avons remarqué que les expatriés que nous avons rencontrés ont pour la plupart réussi à décrocher un job dans leur pays d’adoption en rapport direct avec leur formation initiale. Charly a pu continuer à écrire dans le milieu de la mode en Tunisie, Ségolène est désormais chargée des adoptions et de la protection des enfants à Madagascar après son master de droit anglais et Magali met à disposition de la bijouterie dans laquelle elle travaille ses compétences en photographie et graphiste. Alors, pari gagné ?

C’est en cœur qu’ils nous ont répondu « oui ». Pas de regrets d’avoir quitté leur pays d’origine pour vivre cette expérience. La chose la plus difficile semble être l’éloignement avec les familles, les amis. S’il est facile de prendre un train ou un moyen courrier lorsque l’on a décidé de s’exiler en Europe, rendre visite à ses proches quand on réside au Canada ou en Australie devient vite compliqué… Cependant pour la plupart, les rares retours en France sont difficiles. « Quand je reviens, je ne me sens plus vraiment française » nous explique Magali. Même chose pour Ségolène pour qui « le retour en France il y a 3 ans a été très dur ».

Mais malgré tout, il y a une réelle envie de garder un lien avec la France. Et cela passe inévitablement par l’information. Tous nous ont affirmé suivre assidument l’actualité. Du coup leur regard sur la France est un peu compliqué. Depuis l’Allemagne, Alexandre nous confie que la France « parait grise, rongée par les problèmes d’identité, économiques et pleine de polémiques ». Et c’est un sentiment que partage Magali qui « a souvent du mal à accepter ce que le pays devient et de voir toute la violence qui s’en dégage ». Sur ce point là Ségolène relativise. Après avoir vécu en Afrique du Sud, elle a posé ses valises à Madagascar. « Ça m’a remise à ma place de vivre dans des pays où certains vivent dans des situations très précaires. Désormais, quand je rentre en France, j’apprécie des choses que je prenais avant pour acquises ». Preuve que le climat ambiant dans le pays d’adoption peut changer le regard sur son propre pays.

Les récents attentats ont redonné confiance en la France à Camille. Cette franco-chilienne qui avoue ne jamais s’être vraiment sentie chez elle en France, a ressenti à ce moment-là, et ce même depuis Montréal « une solidarité qu’[elle] n’avait jamais ressentie ».

Mais cette unité nationale n’aura pas suffi à les convaincre de rentrer. Tous estiment encore avoir beaucoup de choses à découvrir et pas seulement dans leur pays d’adoption. Ségolène avoue avoir envie de découvrir de nouvelles frontières et de vivre dans d’autres pays « de préférence anglophones ou en Afrique ». Camille a même fait une demande de résidence pour vivre définitivement à Montréal.

Pour Alexandre, un retour est envisageable mais seulement « quand la France ira mieux ». Alors justement qu’est ce qui pourrait faire pencher la balance en faveur de leur pays d’origine ?

Magali est formelle, elle n’envisagera un retour en France que lorsqu’elle aura l’impression que le pays sera plus facile à vivre pour les jeunes, que les taxes seront moins élevées, que des aides seront apportées aux entrepreneurs…Comme elle le souligne justement le retour en France après ce type d’expérience est très compliqué ; le marché du travail est saturé et l’expatriation coupe tous les droits d’aide au retour à l’emploi. « Difficile de reconstruire une vie après, il faut tout recommencer à zéro, quand on rentre on a l’impression d’être mort, inexistant ».

Il est donc complexe d’évaluer si une évolution du système français permettrait à la France de garder auprès d’elle ses enfants. Car ce que nous retenons à travers ces témoignages c’est que la soif de voyager et de découvrir est plus forte que tout. Les voyages forment la jeunesse dit on…Alors la jeunesse semble avoir encore de beaux jours devant elle.

Nous remercions Camille, Charly, Ségolène, Magali et Alexandre pour leurs témoignages très touchants. Impossible de retranscrire dans l’intégralité nos échanges mais votre retour d’expérience nous a enrichies. Nous vous souhaitons à tous une excellente continuation riche en expériences et en voyages… !

– Caroline –

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3 réflexions sur “(Société) Les français qui partent à l’étranger

  1. De plus en plus de jeunes quittent le pays mais au niveau européen, la France arrive plutôt pas mal à conserver ses enfants…Il y a plus d’allemands que de français qui prennent les valises chaque année. Climat? Joie de vivre et hédonisme à la française? …peut-être que la France ne serait pas si mal. En fait.

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  2. La France est aussi très centrée sur elle même, son « rayonnement », son « excellence ». Surement que les jeunes du pays ont peur de ce qu’ils vont trouver ailleurs, malgré le scepticisme dont ils font preuve quant aux capacités de leur Etat.

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  3. Je pense que chaque personne est différente et que certain(es) ne ressentent pas le besoin d’aller voir ailleurs, heureusement d’ailleurs que certaines personnes se sentent bien dans leur pays.Je pense en revanche que sortir de son pays permet de prendre du recul et de le voir sous un autre angle. Bien sur que la France à de nombreux avantages libre a chacun de savoir si ils y trouvent leur confort ou non. Apres je pense qu’il vaut mieux avoir essayé que ne rien faire et de se plaindre.

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